Cinéma : le réalisateur Uwe Boll encensé par l’extrême droite pour son film anti-immigration faisant l’apologie du meurtre

Depuis plusieurs jours, l’extrême droite s’enflamme pour le film Citizen Vigilante du réalisateur allemand Uwe Boll, bien connu des amateurs de nanards.

La critique la classe régulièrement parmi les pires réalisateurs de l’Histoire du cinéma. Avec ce nouveau film, il s’empare des codes du genre « vigilante », popularisé par Un Justicier dans la ville ou L’Inspecteur Harry, et les traite avec autant de finesse que Rambo II traite de la guerre du Vietnam. La scène d’introduction donne immédiatement le ton : un homme de type africain poignarde une mère sous les yeux de son fils.

Le film se situe dans un pays européen non spécifié. Son personnage principal, un ancien officier de l’armée américaine, part à la chasse aux délinquants, de préférence issus des minorités ethniques, mais pas uniquement. Il tue aussi, pour faire bonne mesure, un juge considéré comme trop laxiste.

Sur les réseaux sociaux, un extrait a circulé massivement. Le protagoniste se rend au domicile d’un adolescent arabe accusé de viol en réunion, confronte sa famille, puis les exécute froidement. Une scène pour le moins culottée, pour ne pas dire cynique, quand on sait que l’acteur principal, Armie Hammer, a lui-même été accusé d’agressions sexuelles par plusieurs femmes. Les charges à son encontre ont finalement été abandonnées, faute de preuves suffisantes. 

La commission de classification allemande a refusé d’attribuer une classification au film, l’excluant de fait des cinémas et des plateformes de VOD. Comme on pouvait s’y attendre, cette décision a produit un effet Streisand. Elon Musk, patron du réseau social X et soutien affiché de l’extrême droite mondiale, a permis aux utilisateurs de la plateforme de visionner le film dans son intégralité. En France, plusieurs figures de la fachosphère ont assuré sa promotion : le président du Parti de la France et nostalgique de Pétain Thomas Joly, le militant ethno-nationaliste Daniel Conversano, ou encore le streamer Psyhodelik.

Même ses défenseurs les plus ardents reconnaissent volontiers que le film est médiocre, aussi bien sur le plan de la mise en scène que de jeu d’acteur. Mais pour eux, l’essentiel n’est pas là : ce qui compte, c’est le message.

L’an dernier, Uwe Boll avait pourtant réalisé un film se voulant empathique envers les migrants. Il a depuis reniflé le bon filon, changé son fusil d’épaules et annoncé une suite à Citizen Vigilante. Pour financer sa production, le cinéaste a lancé un appel aux dons. 

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