Réalisateur, documentariste, rappeur et producteur marocain, Mehdi Black Wind, de son vrai nom El Mahdi Lyoubi, a été placé en garde à vue lundi 13 juillet à Casablanca.
Alors qu’il était en repérage au Maroc pour son prochain documentaire et s’apprêtait à embarquer pour rentrer en France, où il réside depuis dix ans, un policier l’a informé d’une interdiction de quitter le territoire avant de le placer en garde à vue.
Cette arrestation survient dans un contexte politique particulièrement tendu au Maroc, suite au mouvement de jeunesse Gen Z 212 de l’automne 2025. Coordonné par des jeunes sur les réseaux sociaux et sur des groupes Discord, ce mouvement social avait rassemblé des centaines de milliers de personnes après le décès de huit femmes enceintes, faute de matériel dans un hôpital public d’Agadir, dans le sud du pays. Ses revendications portaient sur la liberté d’expression, l’accès à la santé et à l’éducation pour tous.
Cette mobilisation avait entraîné une importante répression, avec des centaines de personnes incarcérées. La vague répressive s’est même étendue au-delà des frontières marocaines : en février dernier, la distributrice de cinéma Zineb Kharroubi, qui s’engageait dans le mouvement GenZ en France où elle réside, avait été arrêtée à l’aéroport de Marrakech, avant d’être relâchée après une nuit en garde à vue et condamnée en juin, en son absence, à six mois de prison avec sursis pour « incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique ». On peut aussi citer l’arrestation, le 12 juillet, du journaliste marocain Ali Lmrabet, 67 ans, connu pour ses positions critiques à l’égard des autorités marocaines, interpellé à l’aéroport de Tanger alors qu’il rentrait de Barcelone, où il vit.
Selon ses soutiens, l’arrestation de El Mahdi Lyoubi serait liée à ses prises de position artistiques et à des publications sur les réseaux sociaux. Une tribune rassemblant plus de 500 signataires, dont Fianso, Adèle Haenel, Mathieu Amalric ou encore Simone Bitton, appelle à sa libération.
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