Affaire Lavrilleux : la cour d’appel relance la “traque des sources” de Disclose

Ce mercredi 8 juillet, la cour d’appel de Paris a ordonné la réouverture de l’instruction dans le dossier Ariane Lavrilleux, ouvrant la voie à une possible mise en examen pour compromission du secret de la défense nationale.

Les faits reprochés à la journaliste d’investigation concernent sa contribution aux « Egypt Papers », une série d’articles publiés en 2021 sur le média Disclose. Ces révélations, fondées sur plusieurs centaines de documents classés « confidentiel-défense », documentaient la complicité de la France dans le bombardement de civils sous la dictature d’Al-Sissi en Égypte.

Visée par une plainte du ministère des Armées, Ariane Lavrilleux avait subi le traitement habituel d’intimidation de l’appareil d’État : perquisition de son domicile et garde à vue de 39 heures en septembre 2023, avant d’être placée sous le statut de témoin assisté en 2025. En octobre dernier, la juge d’instruction avait rendu un non-lieu en sa faveur, reconnaissant que les révélations de Disclose relevaient de l’« intérêt général, intéressant le public et le débat démocratique ». L’affaire semblait close. Le parquet a cependant fait appel, et la cour d’appel lui a donné raison mercredi. 

L’enquête relancée vise officiellement à d’identifier les agents de l’Armée ou de l’État à l’origine de la fuite des documents vers Disclose.Ariane Lavrilleux s’est exprimée en conférence de presse. Elle a dénoncé une « traque [qui] vise à faire peur à tous les lanceurs d’alerte, qui prennent des risques au quotidien pour faire émerger des informations cruciales sur des mensonges de l’État, des crimes et des injustices »

Reporters sans frontières dénonce « un tournant préoccupant pour la protection du secret des sources journalistiques et le droit à l’information d’intérêt public ». Depuis 2010, une vingtaine de procédures pour compromission du secret de la défense nationale ont visé des journalistes convoqués par le renseignement intérieur.

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