
De séries type Prison Break aux discours politiques sur les chefs narcotrafiquants, la prison charrie presque toujours un imaginaire de violence et de haute délinquance. Plus encore, la prison serait un univers quasi exclusivement masculin. Les chiffres eux-mêmes vont dans ce sens : plus de 95% des détenus sont des hommes. Pourtant, l’emprise du milieu carcéral est bien loin d'épargner les femmes : ce sont elles qui prennent majoritairement en charge l’incarcération de leurs proches. Linge, parloirs, soutien à la réinsertion : elles sont omniprésentes. Et parmi elles, celles qui restent en dernier sont les mères. La prison devient aussi leur peine.
Sophie* se souvient même de l’heure : 7h30 du matin. C’était le 25 novembre 2025, le soleil ne s’était pas encore levé. Tout laissait croire qu’il s’agissait d’un mardi d’automne ordinaire. Il y avait juste un détail. Les gendarmes. Là, devant sa porte. Un véhicule de la brigade de recherche était garé derrière eux. Et puis, il y avait cette phrase qu’ils avaient dite. Ils cherchaient son fils, Étienne*. Ils voulaient perquisitionner sa chambre. Pourquoi ? « Secret de l’instruction ». Mais, là encore, quelque chose n’allait pas. Étienne, 18 ans, était alternant, c’était la dernière semaine du mois, il avait cours dans son école. Il y était forcément.
Et puis, tout s’était enchaîné. Vite. Trop vite. Le soir, Étienne était placé en garde à vue. Deux jours plus tard, avec quatre co-prévenus, il était entendu devant le tribunal de Lorient, en comparution immédiate. À la fin de l'audience, le juge avait ordonné le mandat de dépôt. Pour faire simple, la détention provisoire. En attendant un procès qui n’avait pas de date. Rien. Juste l’attente. Le soir même, il dormait en prison, à Rennes-Vezin, pour une durée indéterminée, à plus de 150 kilomètres de chez Sophie. La maman s’était sentie « tomber de quinze étages ». En trois jours, son quotidien banal avait basculé. En trois jours, elle était devenue « mère de détenu ». Depuis, un sentiment continu, sans fin, ne l’avait plus lâché. Celui « d'être dans un mauvais film ».
L’expérience carcérale élargie
Ce « mauvais film », la sociologue Caroline Touraut lui a donné un nom : « l’expérience carcérale élargie ». Une manière de dire que la prison n’impacte pas seulement ceux qui y sont enfermés. Ses règles et ses contraintes empiètent bien au-delà de ses murs.
Chaque mois, la France franchit un nouveau record de personnes incarcérées. Chiffre tristement historique : 88 654 personnes étaient détenues au 1er mai. Le « pays des droits de l’Homme » n’a jamais autant enfermé. Par ricochet, ce sont donc plus de 500 000 parents, conjointes, frères, sœurs et amis qui sont touchés par la détention d’un proche. Le 8 juin 2026, sur le site de l’Observatoire international des prisons (OIP), un collectif de proches de détenus publiait, pour la première fois, un manifeste pour appeler à la reconnaissance de leurs droits : « On ne peut pas parler de la prison sans parler des proches. Et on ne peut pas parler de réinsertion sans reconnaître le rôle décisif que nous jouons dans ce processus ». Et derrière ce « rôle décisif », c’est une réalité bien genrée qui se dessine.
La prison est un monde d’hommes… enduré par des femmes. Si elles représentent seulement 3,4% des personnes derrière les barreaux, elles sont plus de 60% dans les parloirs. Dont 22% de mères. Trois fois moins de pères — ils ne sont que 7%. Les grands absents. Maître Arnaud Le Bourdais est un habitué du milieu judiciaire. Dans son cabinet d'avocat, il l'observe : ses principales interlocutrices sont les mamans et « très, très rarement les papas ». Du côté de la recherche, même rengaine. Sandra Lehalle, professeure agrégée au département de criminologie de l'Université d'Ottawa, s’est spécialisée dans les sujets liés au milieu carcéral. Lorsqu’elle commence ses travaux sur les proches de détenus, elle sollicite des entretiens. Et très vite, un schéma se confirme : ce sont systématiquement les mères qui se portent volontaires. Ce sont elles encore qui sont omniprésentes dans les parloirs. Elles, aussi, qui apportent le linge aux détenus. Elles qui préparent déjà la réinsertion de leur fils. Au téléphone, la chercheuse le dit clairement : « Quand tout le monde tourne le dos, ce sont les mères qui restent en dernier support ».
« Si vous souhaitez solliciter un permis de visite, vous devez adresser une demande à l’attention du juge d’instruction… Par la suite après accord, il vous faudra prendre un rendez vous de parloir en appelant le centre pénitentiaire ». Le mail est austère. Les mots de l’administration ne s’encombrent pas d’émotions, ils commandent. Alors, Sophie s'exécute.
Nous sommes le 1er décembre 2025 et Étienne est incarcéré depuis quatre jours. Sa mère envoie le courrier avec les documents nécessaires pour obtenir un permis de visite. Le graal pour voir son fils. Dix jours plus tard, sa demande est validée. Une exception dans la lenteur de l'administration pénitentiaire : « Le temps moyen pour avoir un permis de visite va jusqu'à un mois et demi » confirme l’avocat pénaliste Me Le Bourdais.
Alors, la maman s’empresse. Autorisation en poche, elle appelle l’administration pénitentiaire pour réserver un premier parloir. Le parcours du combattant commence. Le premier jour, Sophie passe une cinquantaine d'appels. Aucune réponse. Le lendemain, elle essaie de nouveau. Encore et encore. Les 250 coups de fils ne viendront pas à bout du standard. Sophie comprend alors qu’il faut appeler avant l’ouverture de la ligne. « Je dois me battre pour tout », souffle-t-elle « On parle de l’administration qui est compliquée mais l’administration carcérale l’est encore plus ». Pendant trois semaines, jusqu'à son premier parloir, pas de nouvelles de son fils. « On ne vous dit pas que le numéro qui vous appelle est un 03, donc quand il m’a appelé, c'est tombé dans les spams. Je lui ai écrit un courrier qu’il n’a reçu qu’un mois et demi après. Ils m'ont demandé je ne sais pas combien de fois des papiers que je leur ai envoyés dès le lendemain de son incarcération ». Séparée du père d’Étienne, elle porte tout sur ses épaules, comme la majorité des mères.
Publié en 2021, le Cahier numéro 55 d'études pénitentiaires et criminologiques dressait un constat clair : les femmes sont celles qui prennent majoritairement en charge le travail administratif lié à la détention. Leur soutien ne s'arrête pas seulement à leur présence constante mais aussi à la qualité de l’aide qu’elles apportent. Plus encore, l’étude indiquait que « les visites des pères sont systématiquement moins fréquentes, moins régulières que celles des mères et couvrent une part nettement moins importante de la période de détention de leur fils. »
Samedi soir, minuit. L’alarme du réveil vient interrompre le sommeil de Sophie. Minuit, l’heure où les gens dorment, l’heure où Sophie se connecte au site penitentiaire.justice.fr La même routine, tous les quinze jours, depuis des mois. Pas le choix. La maman veut être sûre de pouvoir choisir l’heure et le jour de son créneau de parloir. Tout part vite. Presque deux semaines qu’elle n’a pas pu serrer Étienne dans ses bras. À chaque fois c’est pareil « Quand on va au parloir, on se demande dans quel état on va retrouver son enfant. Je me rends malade d’y aller » confie-t-elle. Et pour cause : les conditions de détention en France ne cessent de se dégrader. Au 1er mai, le taux de surpopulation carcérale atteignait les 140%. Plus encore, les maisons d'arrêt, où sont détenues les courtes peines et les personnes en attente de jugement — donc présumées innocentes — sont les plus touchées, avec un taux avoisinant les 173% . Résultat à Rennes-Vezin où est incarcéré le fils de Sophie, près de 1000 détenus sont enfermés pour 670 places. « Au moment où il faisait très chaud, je me disais "Mais mon Dieu, à trois dans le 9m², ils doivent mourir de chaud" » confie la mère d’Étienne. « Il faut aussi penser qu'on charge les prisons toujours davantage et après, on va dire "Oui, mais il y a de la récidive". Ce ne sont pas des animaux, ce sont des êtres humains. Même les animaux sont mieux traités que ça ». En 2025, quatorze détenus sont morts à la prison de Rennes-Vezin, la majorité par suicide. Un bilan tragique qui s’élève ainsi à plus d’un mort par mois.
Il est 6h du matin. Accompagnée de son conjoint, Sophie prend la route vers Rennes-Vezin, la boule toujours tapie dans son ventre. 150 kilomètres pour 45 minutes de parloir. Rien d’exceptionnel : un proche de détenu sur quatre habite à plus de cent kilomètres de la prison. Une trentaine d’euros d’essence. À chaque fois. Un départ aux aurores, le stress d’être en retard. Cinq minutes suffisent à un refus de parloir. « La première fois que j’y suis allée, j’avais les larmes aux yeux, les mains qui tremblaient. On vous parle comme si vous étiez vous-même un détenu. On vous appelle par votre nom de famille. Vous êtes là qu’il neige, qu’il pleuve. Vous réfléchissez à tout ce que vous avez sur vous, vous refouillez vos poches ». Tout chez Sophie atteste de sa fatigue. De ses traits tirés qu’elle maquille, à son corps qu’elle s'efforce de tenir droit. « Darmanin quand il va visiter les prisons, il ne va pas être fouillé, moi, je me retrouve en chaussettes parce que mes chaussures sonnent. Si j’oublie une pièce de monnaie, je peux avoir un refus de parloir. » Bien que libres, les mères de détenus se heurtent, elles aussi, à la dureté du monde pénitentiaire. « Être visiteur signifie vivre le carcéral jusque dans son corps, ses relations affectives et intimes », écrit la chercheuse Sandra Lehalle. « Des espaces comme la salle d'attente, le portail de sécurité et la salle de visites se révèlent des espaces de pouvoir et de contrôle des contacts humains et donc des environnements physiques et humains souvent hostiles. »
Il est maintenant 8h30. Sophie est dedans. Comme Étienne. La maman et le fils ont moins d’une heure devant eux. « Quand je vais au parloir, j'ai envie de partir avec lui sous le bras. Pour une maman c'est compliqué de voir son enfant comme ça. De voir son enfant qui… ». Elle s’arrête, se reprend. « Mon fils est quelqu'un qui était vraiment très propre sur lui, qui avait toujours les cheveux bien coupés, qui se parfumait, qui était toujours bien rasé. Tout ça c'est interdit en prison. Ça fait mal au cœur, parce que je sais que ce n'est pas lui. Quand il m’embrasse, il me dit "Tu sens bon maman"… » sa voix s’emplit d’émotion.
La façade d’un gris terne de la prison de Rennes-Vezin tranche avec le grand soleil de fin de matinée. Les parloirs sont terminés. Sophie regagne sa voiture, s'apprête à reprendre la route pour un trajet d’une heure et demie. Cigarette électronique à la main, elle s’accorde un petit moment, sur le parking. Pour souffler. Quelques minutes avant, elle était dedans. Comme enfermée, elle aussi, derrière ces murs. Là voilà dehors maintenant, avec quelques larmes qui lui viennent. « Ça reste mon fils », lâche-t-elle. Pourtant, dans son malheur, Sophie est une chanceuse. En 2025, déjà, l’OIP indiquait : « À mesure que le nombre de personnes détenues augmente, les parloirs et unités de vie familiale sont toujours moins accessibles. Beaucoup n’ont plus que le téléphone pour maintenir un lien avec leurs proches ».
Juin 2026. Six mois. Plus de 180 jours. Sans date de procès. Sans date de sortie. Sans savoir quand.
« Pour l’instant, c’est ma vie à moi que je mets en stand by », confie Sophie. « Mon médecin m'a mise en arrêt parce qu'on ne peut pas tout gérer d'un coup entre les avocats, le parloir, le ci, le ça. Et puis il faut le temps de pouvoir aussi se reposer, se reprendre. Ça aura quand même eu un impact néfaste sur ma santé, entre la fatigue, le stress, l'angoisse. Je n'ai pas repris le travail. Donc il y a aussi une perte financière qui se fait. » La maman envoie 200 euros, tous les mois, à Étienne.
200 euros, c’est le « coût minimum » de la détention, selon l’OIP qui s’appuie sur un rapport sénatorial. Le minimum pour vivre dignement « Tout ce qui est téléphone, c'est payant. S'ils veulent réellement manger à leur faim, c'est payant. La plaque de cuisson, c'est payant. Tout ça, c'est très cher », explique Sophie. Il y a le linge aussi. En détention, la couleur des vêtements est réglementée. « Il ne faut pas de capuches, pas de bleu marine, pas de kaki. Même les élastiques pour cheveux ont été jugés "non conformes" », raconte Sophie. « On achète encore et encore, ça nous coûte une fortune ». Viennent aussi s'ajouter à ces dépenses les frais d’avocat, loin d’être arrivées à leur terme, : « 4000 euros », glisse t-elle.
Et comme toutes les mamans, la charge que porte Sophie n’est pas que financière. Il y a celle du quotidien, aussi. À bout de bras, Sophie tente de l’empêcher de s’écrouler. Pour ses autres enfants d’abord. « On fait en sorte que leur routine ne soit pas chamboulée. Je fais souvent les papiers quand ils dorment », admet-elle. Et puis, la maman ne va plus faire les boutiques. Il faut dire qu’à Pontivy, cette petite ville bretonne où elle habite, « tout se sait ». « On se replie sur soi-même en tant que famille. Quand on me demande où est mon fils, je dis qu'il fait des études ailleurs. » Si elle cache la vérité à certaines personnes, c’est avant tout parce que Sophie anticipe déjà l’après pour Étienne. « Je pense à lui, à sa sortie. Je me dis que je n'ai pas envie que les gens le voient comme un ex-détenu ». Alors la maman cherche des offres d’emploi, contacte des recruteurs, s’assure qu’Étienne « puisse se remettre sur les rails ». « Là je lui ai trouvé un entretien pour reprendre une formation en électricité chez ENGIE. » La maman enchaîne : « S'il n'avait pas de famille, comment ferait-il ? ».
« Non seulement il n'y a pas d'aide, mais il y a surtout une indifférence totale de la part de l'administration et de l'État vis-à-vis des proches qui sont complètement livrés à eux-mêmes ». Ce constat est celui de Julien Fischmeister, un habitué de l’univers pénitentiaire. Plus de sept ans qu’il travaille aux côtés de l’Observatoire international des prisons. Pour sa dernière analyse, il s’est penché sur la question du budget de l’administration pénitentiaire : les choix politiques sont sans appel. Julien Fischmeister indique : « Alors que la population carcérale a augmenté de près de 20% depuis 2023, les crédits alloués à la surveillance et à la sécurisation (personnels inclus) ont dans le même temps augmenté de 25%, tandis que ceux consacrés à l'accompagnement et à la réinsertion ont reculé de 11%. » Pire encore, en 2026, l’État a décidé d’allouer cinq fois plus d’argent dans la construction de nouvelles prisons que dans l'accompagnement et la réinsertion des personnes détenues. Dresser des murs, ne pas paver l’avenir. Pourtant, le Code pénal lui-même l’indique, dans son article 130-1 : la peine d’un détenu ne sert pas qu’à sanctionner, elle a aussi pour fonction de favoriser « son insertion ou sa réinsertion ».
Et alors que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, demandait en février dernier l'arrêt des activités « ludiques et provocatrices » pour les personnes détenues, le Conseil de l’Europe rappelait quant à lui à l’ordre l'État français, pointant l'évolution des prisons en véritable « entrepôt humain ». Son rapport s’alarmait en outre du « régime d’activités assez pauvre » des personnes incarcérées, passant « près de vingt heures par jour en cellule et encore plus le week-end ». Des conditions de détention dramatiques qui ajoutent à l’angoisse de Sophie : « Quand notre téléphone sonne, on a toujours peur que notre enfant ait été blessé ou pire qu’il est intenté à sa vie. »
Sophie, une maman ordinaire. Elle est de celles qui vivent la prison sans y être. Qui l’expérimentent dans leur corps et dans leur chair. C’est aussi pour se défaire de la culpabilité que Sophie a voulu témoigner « C’est important de dire aux mamans de ne pas se sentir coupable. De ne pas se sentir… » elle s’accroche à ses mots — « de se dire qu'on a fait ce qu'il fallait ». Autour de Sophie, il y a comme une carapace. Celle qu’elle a été forcée de se construire. Pour avancer. Continuer. Regarder loin devant soi. Mais, parfois, des fissures se dessinent. « Des fois on en a ras-le-bol, on en a vraiment jusque-là et des fois on se demande même… » Un court silence. « J’'ai fait une tentative de suicide parce qu'à un moment je n'en pouvais plus. Je n’arrivais plus à gérer les choses. » La maman a une aide psychologique par téléphone. « C’est plus facile ».
En France, aucun accompagnement spécifique n’est proposé, par l’État, aux proches de détenus. Rien. Même hors d’une cellule, la souffrance se vit seule, s’enracine dans l’attente, grandit semaine après semaine, se nourrit du temps qui passe. Interminable. Celui de ne pas savoir. Ou celui de savoir mais de se taire. « Quand Étienne m'appelle, je garde tout pour moi. Il est persuadé qu’il va sortir en juillet. Mais moi, j’ai eu son avocat, je sais qu’il ne sortira pas ». Au téléphone, la maman pleure : « Je veux dire aux autres mères que la meilleure chose à faire, c’est de ne pas avoir trop d’espoir. L'espoir n'est pas pour nous. L’espoir, il faut le laisser aux jeunes en prison. »
Le téléphone sonne, le nom de Sophie s’allume sur l’écran, sa voix enchaîne :
« Étienne est dehors ! »
Les trois mots inespérés.
« C’est lunaire, je n’en reviens pas. J’attends de l’avoir dans mes bras pour me dire que c’est vrai. Même l’avocat m’a dit qu’il n’a jamais vu ça. Une première demande de mise en liberté acceptée avec simplement un contrôle judiciaire : il n’avait jamais vu ça ! ». Le sourire qui s’entend dans la voix de Sophie semble vouloir exploser. « C’est un soulagement énorme ».
L’histoire de Sophie se termine bien. Des co-prévenus, un mandat de dépôt, un dossier encore sous instruction, toujours aucune date de procès. Cette première demande de mise en liberté acceptée est presque un miracle. Mais Étienne fait aussi partie des détenus bien entourés. À commencer par le fait d’avoir une mère qui a pu remplir pour lui un dossier de 37 pages étayées de promesses d’embauche. Une mère qui a aussi eu les moyens de payer à son fils la défense d’un bon avocat. Et puis le fils de Sophie ne fait pas partie des « indigents ». Ce quart de détenus en France qui ne reçoivent pas assez d’aide financière de leurs proches pour vivre dignement.
En tout, Étienne aura passé 207 jours à vivre en prison. Sophie, 207 jours à vivre la prison. Mais le 207e jour est le dernier. Celui qui fait dire, pour la première fois, à la maman : « Finalement, il faut quand même garder espoir. »
*Les prénoms ont été modifiés.
Crédits photo/illustration en haut de page :
Margaux Simon