Gobineau, le retour : quand l’extrême droite ressuscite le racisme biologique

Gobineau, le retour : quand l’extrême droite ressuscite le racisme biologique

Une carte des quotients intellectuels (QI) censée démontrer la supériorité de certaines catégories raciales ; un essayiste prônant une politique de ségrégation à l’encontre des personnes issues de l’immigration extra-européenne ; une influenceuse d’extrême droite se demandant si la « nature » des Noirs et des Arabes ne serait pas d’être des agresseurs sexuels : le racisme biologique du XIXe siècle, que l’on croyait relégué aux poubelles de l’Histoire après avoir justifié l’entreprise de colonisation et produit plusieurs génocides au XXe siècle, n’a pas disparu et fait même aujourd’hui, à la faveur de l’extrême droitisation des champs politique et médiatique, un visible — et inquiétant — retour.

« Ses parents viennent à la fois d’Angola et du Congo […]. La carte des QI ça existe. Quand on regarde une carte des quotients intellectuels par pays […], l’Angola et la République du Congo, c’est plus près de 70 que de 130, et même c’est plus près de 70 que de 100, et c’est même à 70. »

Ces propos consternants, d’un racisme crasse, ont été tenus le 13 janvier dernier sur le plateau de la radio d’extrême droite Radio Courtoisie, où ils ont déclenché des sourires amusés et complices. Une déclaration qui visait à dénigrer l’intelligence du député La France insoumise (LFI) Carlos Martens-Bilongo, lequel a depuis porté plainte contre son auteur, Jean-Yves Le Gallou.

La Nouvelle Droite à l’avant-poste de la bataille culturelle de l’extrême droite et du racisme

Premier énarque à avoir rejoint le Front national en 1985, Le Gallou en est devenu l’un des principaux idéologues, théorisant notamment le concept de « préférence nationale », colonne vertébrale du programme du parti encore aujourd’hui. Racialiste, Le Gallou l’a toujours été, mais jusqu’alors, il se réfugiait derrière l’euphémisant concept d’« ethno-différentialisme » cher à ses amis de la Nouvelle Droite des années 1980, dont il a été une des têtes pensantes, à l’instar de l’ancien patron de Radio Courtoisie Henry de Lesquen, avec qui il a fondé en 1974 le Club de l’horloge, rebaptisé depuis Carrefour de l'horloge. Partisan d’un « racisme positif », Lesquen se vante de n’avoir aucune goutte de sang « congoïde » (1).

Ces idéologues réhabilitent ainsi le racisme biologique des théoriciens racialistes et eugénistes du XIXe siècle, les complétant avec de théories contemporaines farfelues de pseudo-scientifiques, dénoncées comme des supercheries par leurs pairs, pour étayer leurs discours.

Il en est ainsi du psychologue britannique Richard Lynn, qui a produit la fameuse « carte des QI » convoquée par Le Gallou pour dénigrer le député LFI Carlos Martens-Bilongo sur les ondes de Radio Courtoisie. L’auteur de cette carte publiée, en 2002, dans l’essai raciste IQ and the Wealth of Nations (« Le QI et la richesse des nations »), a par la suite été destitué de sa chaire de professeur émérite de l’université d’Ulster en Irlande du Nord pour ses thèses racialistes et par ailleurs sexistes. Entre autres fantaisies réactionnaires, il défend ainsi l’idée selon laquelle les femmes auraient un QI inférieur aux hommes car leur cerveau serait plus petit.

Sur la base d’études biaisées, incomplètes et éparses, Richard Lynn, aujourd’hui décédé, prétendait représenter sur une carte une corrélation entre le niveau de développement des pays et l’intelligence de leur population, qui résulterait davantage de facteurs génétiques que de facteurs environnementaux. Or, s’il existe un consensus scientifique pour dire que les facteurs environnementaux (éducation, accès à la culture, état de santé, équilibre alimentaire, etc.) influent sur le QI — notion qui est par ailleurs de plus en plus discutée scientifiquement — il n’y en a aucun sur l’influence des facteurs génétiques (2).

Docteur Laurent et Mister Alexandre, le « médecin malgré lui » de l’extrême droite

Cette carte des QI farfelue, c’est le médecin, essayiste et homme d’affaires transhumaniste, Laurent Alexandre, qui en a assuré de fait la promotion auprès du grand public. Se réclamant de Darwin et obsédé par le QI, Alexandre est persuadé que l’augmentation de l’intelligence est la solution à tous nos problèmes, jusqu’à la sécurité routière : un individu au faible QI aurait selon lui trois fois plus de chance d’avoir un accident de voiture mortel...

Disposant d’une surface médiatique importante, tant dans les médias traditionnels que sur les réseaux sociaux particulièrement suivis par l’extrême droite, Laurent Alexandre publie en 2018, dans Le Monde, une tribune intitulée « La génétique sur le terrain miné des “races“ » qui s’avère être, contrairement à ce que son titre pourrait suggérer, un véritable plaidoyer eugéniste. Il soutient par exemple que « l’environnement commun — famille et éducation — n’explique qu’environ un tiers des différences cognitives ; autrement dit, l’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique, qui compte pour près des deux tiers dans nos différences ».

Comme le titre de la tribune l’indique, Laurent Alexandre se garde cela dit, formellement du moins, d’étendre ses obsessions génétiques au champ racialiste, et recommande de ne pas s’aventurer sur ce terrain. Ainsi appelle-t-il même à la censure de la carte de Lynn pour éviter tout risque de récupération par l’extrême droite. Mais en évoquant cette carte dans un média de premier plan, il en assure la promotion, à l’insu de son plein gré, provoquant par ricochet un effet Streisand, selon lequel plus on cherche à dissimuler une information, plus elle suscite l’intérêt du public. Dès lors, cette carte racialiste fait fureur sur les réseaux, bien au-delà des cercles suprémacistes marginaux. En décembre 2024, elle est même partagée sur X par Alexandre Allégret-Pilot, député UDR (parti d’Éric Ciotti, allié au RN).

Il n’en fallait pas plus à la fachosphère pour ressusciter les vieilles théories biologiques du XIXe siècle, impulsées notamment par le diplomate Arthur de Gobineau dans son Essai sur l’inégalité des races humaines, publié en 1853. Avec ce livre, Gobineau « donne un verni théorique au racisme. C’est ce qui rend possible et acceptable la colonisation et la domination européenne sur le monde », souligne l’anthropologue Michel Agier, auteur de Racisme et culture (Le Seuil, 2025). « Les débuts de l’anthropologie sont imprégnés de cet imaginaire colonial de l’inégalité des races avec ce que l’on a appelé l’anthropologie physique. On mesurait alors les crânes des différentes ethnies. » D’après Michel Agier, cette « infra-pensée » raciste « n’a jamais disparu de l’inconscient collectif occidental. Elle est sous-jacente et ressort régulièrement en période de crise. »

Qui sont les Blancs ?

Aujourd’hui encore, c’est cette « infra-pensée » qui nourrit les discours d’influenceurs et influenceuses d’extrême droite, à l’instar de Julien Rochedy, ancien protégé de Marine Le Pen et auteur de livres aux titres évocateurs : Surhommes et sous-hommes (2023) et Qui sont les Blancs ? (2025), tous deux publiés aux éditions Hétairie fondées par… Julien Rochedy.

Dans son ouvrage Qui sont les Blancs ?, qu’il qualifie en toute modestie de « livre d’une vie », Rochedy entend dresser un panorama exhaustif de ce que signifie « être Blanc » sur le plan culturel, philosophique, spirituel et bien sûr biologique, en remontant le fil du temps jusqu’à la préhistoire.

Dans les semaines qui ont suivi la sortie de son essai, Julien Rochedy a fait la tournée des médias de la réacosphère pour en assurer la promotion : Frontières, Radio Courtoisie, L’Incorrect (mensuel fondé par des proches de Marion Maréchal-Le Pen), Europe 1, propriété du groupe Bolloré, ou encore la chaîne d’information israélienne I24News. Le 16 novembre 2025, Rochedy était l’invité du podcast Radio Dixie, animé par Le Guiz et Baptiste Marchais ; deux influenceurs libertariens auxquels nous avions consacré un article.

Dans un premier temps, l’essayiste d’extrême droite essaie de lisser son discours pour en atténuer la dimension racialiste, pour finalement dévier sur le « grand remplacement » et la « submersion totale » dont seraient victimes les « Français de souche » ainsi amenés à devenir minoritaires.

Image Compte X Julien Rochedy

Pour endiguer ce processus et « sauver la France », il propose de s’inspirer de l’Empire romain et préconise de classer les non-Européens en trois catégories distinctes : les « assimilés », les « intégrés » qui pourraient vivre sur le territoire sans pour autant être des citoyens à part entière, et les « inassimilés », bons pour la « remigration ». Le retour du régime de l’indigénat, ni plus ni moins (3).

Si Julien Rochedy, que nous avons contacté mais qui n’a pas répondu à nos sollicitations, se cache plus ou moins derrière le paravent d’un différentialisme culturel, d’autres ne s’embarrassent pas de telles subtilités. Ainsi, Thaïs d’Escufon, ancienne porte-parole de Génération identitaire et inlassable pourfendeuse du fantasmatique « grand remplacement » récemment condamnée pour « injure publique à raison de l’origine, de l’ethnie, la nation, la race ou la religion », le dit sans ambages : « le culturel découle du biologique », déclarait-elle à Blast en mars 2024.

Image Compte X Thaïs d’Escufon

Marguerite Stern, du « terfisme » au racisme biologique

Mais la championne toute catégorie de la promotion du racisme biologique est sans conteste l’ex-Femen Marguerite Stern.

En janvier dernier, les éditions Magnus, cofondées par l’auteur de La France Orange mécanique Laurent Obertone, ont publié Les Rives contraires : histoire d’une transition politique, récit autobiographique dans lequel Marguerite Stern évoque, entres autres, son virage idéologique, décrit comme un véritable sacerdoce. Au fil des pages, un thème revient de manière lancinante, révélant ce qui est devenu pour Stern une véritable obsession : l’immigration, et plus particulièrement l’immigration extra-européenne qui constitue à ses yeux une menace existentielle pour la France et l’Europe.

« Il faudra que je voie la Nation mourir, l’usage de la langue se dégrader, me noyer sous un flot de “wallah“ et constater l’inquiétante évolution démographique pour réaliser l’ampleur du désastre […]. Laisser l’Europe se faire envahir par l’Afrique, c’est vouloir sa disparition » écrit-elle. Un discours qui rappelle furieusement ceux du siècle dernier à propos du « péril jaune » (4), à la différence que les populations du Mahgreb et d’Afrique subsaharienne ont remplacé celles d’Asie comme objet de fantasmes racistes et anxiogènes.

En haut : « La négrification de la France en cent ans ». En bas : « Les derniers Français non colorés sont la grande attraction du zoo de Paris ». Caricature publiée en 1932 dans le magazine satirique allemand Kladderadatsch. A la suite de sa reprise en main par l’industriel et magnat de la presse Hugo Stinnes en 1923, le journal conservateur se montrera conciliant à l’égard du parti nazi pour finalement devenir l’un des instruments de propagande du IIIème Reich après la prise de pouvoir d’Hitler en 1933. Le dessinateur inverse ici les rôles. En effet, ce sont les personnes issues des territoires colonisées qui étaient exhibés dans des zoos humains. Toute ressemblance entre cette caricature et les propos d’une ancienne militante féministe serait purement fortuite.
Image Oskar Garvens-Kladderadarsch

S’aventurant — sans aucune compétence — sur le terrain de la paléoanthropologie, Marguerite Stern compare ainsi le processus de disparition de l’Homme de Néandertal au « grand remplacement des Européens » par les non-Blancs (5). Et de déplorer l’amenuisement du patrimoine génétique issu de Néandertal, dû selon elle à l’immigration en provenance d’Afrique subsaharienne « où l’on ne retrouve pas de gènes néandertaliens ». Un argument qui, en dépit de son racisme vulgaire, a au moins le mérite d’être original comme le fait remarquer avec amusement le généticien et ancien directeur du laboratoire d’anthropologie du Musée de l’Homme André Langaney avec qui nous nous sommes entretenus par téléphone.

Comme cela avait été le cas lors de la sortie de son précèdent ouvrage Transmania, brûlot contre « l’idéologie transgenre » également édité par Magnus et co-écrit avec l’ex-rédactrice en chef adjointe du média Konbini Dora Moutot (6), Marguerite Stern a pu compter sur le soutien des médias de la réacosphère, qui lui ont déroulé le tapis rouge : Radio Courtoisie, Valeurs actuelles, Sud Radio, Le Figaro et bien évidemment ceux du groupe Bolloré, à l’instar de CNews qui l’a invitée à trois reprises.

A gauche, Gabrielle Cluzelle, directrice de rédaction du site d’extrême droite Boulevard Voltaire, qui officie également comme chroniqueuse sur CNews et Europe 1. A droite, Marguerite Stern. L’autrice des Rives contraires applique la méthode Zemmour : être invité dans les grands médias pour se plaindre d’être ostracisé.
Images Compte X Marguerite Stern-Europe 1

Le 25 février dernier, c’est l'hebdomadaire Valeurs actuelles qui la mettait à l’honneur en publiant une vidéo dans laquelle l’activiste arpente les rues du quartier de Château Rouge, dans le 18e arrondissement de Paris, où se trouvaient les locaux des Femen.

« Moi, je veux vivre avec des Français, pas avec des Africains » déclare Marguerite Stern, qui se revendique désormais de la droite identitaire. Elle considère à cet égard que les immigrés « défigurent la France » et font dès lors naître chez les Français un sentiment de « déracinement ».

Images Compte X Marguerite Stern-Lesquen2017.com

En octobre 2025, Marguerite Stern et Erik Tegnér, cofondateur et président du média Frontières, ont été condamnés en première instance par le tribunal correctionnel de Paris pour « injures publiques à caractère raciste ». Tous deux ont fait appel de cette décision. 

L’association SOS Racisme avait porté plainte contre eux après la publication, en juillet 2023, d’un entretien sur la chaîne YouTube du média d’extrême droite, qui répondait alors au nom de Livre Noir : « Pourquoi les hommes de culture et issus de l’immigration africaine et moyen-orientale sont-ils plus violents avec les femmes ? Est-ce une question de nature ? Ouh là là, si on dit ça […]. Est-ce une question de culture ? » avait demandé l’autrice de Transmania avec une fausse candeur, ajoutant qu’il n’y avait rien de mal à aborder la question sous l’angle de la génétique. Nous nous sommes entretenus par téléphone avec l’ex-Femen, qui n’en démord pas : elle ne faisait que poser des questions ; l’argument habituel brandi par les complotistes et les négationnistes. « On a cru me prêter des arrière-pensées qui n’existent pas », insiste-t-elle, avant de nous indiquer qu’elle n’avait pas « envie de se documenter sur le sujet » de peur de ce qu’elle pourrait trouver. Comme c’est commode.

Légende : Marguerite Stern nous délivre ici une analyse toute personnelle de l’affaire Quentin Deranque.
Image Compte X Marguerite Stern

On aurait tort de croire ce genre de discours cantonné aux marges de l’extrême droite et à ses éléments les plus radicaux. Aujourd’hui, c’est en effet toute une partie du personnel médiatique et politique qui se vautre dans la même fange racialiste, comme on a pu le voir à la faveur du dernier scrutin municipal et plus particulièrement de l’élection du candidat LFI Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis.

Sans grande surprise, le groupe Bolloré était aux avant-postes de cette déferlante haineuse et xénophobe (7). Sur CNews, on a ainsi pu entendre un psychologue évoquer les « grands singes » et les hommes des cavernes pour commenter cette victoire. Le lendemain, le très cathodique penseur Michel Onfray a quant à lui reproché à l’édile de se comporter comme le chef d’une « tribu primitive » distribuant les vivres et les « femelles » selon son bon vouloir.

Évidemment, Marguerite Stern y est allée de son petit commentaire : « Affirmer que Bally Bagayoko est un grand singe n’est pas raciste, c’est factuel. Nous ne descendons pas des singes, nous SOMMES des singes […] Niveau collège. Vous chouinez, pour rien, comme toujours » a-t-elle écrit dans un message posté sur X.

En réaction à cette campagne de haine, le nouveau maire de Saint-Denis a appelé à un rassemblement citoyen contre le racisme sur le parvis de l’hôtel de ville, le 4 avril dernier. Il a par ailleurs déposé plainte contre la chaine du groupe Bolloré, tout comme le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP). L’association s’est en outre associée à SOS Racisme et à plusieurs parlementaires afin de saisir l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).

Face au succès rencontré par le rassemblement du 4 avril, qui a réuni plus de 10 000 personnes, Bally Bagayoko et La France insoumise ont décidé d’amplifier la mobilisation en organisant une marche « contre le racisme et l’extrême droite », qui s’est tenue le 21 juin. Afin d’occuper l’espace public et de ne pas laisser les héritiers de Gobineau et leurs alliés vomir leur haine sans que se développe, en face, une réaction à la hauteur.

(1) Entretien accordé à l’acteur et réalisateur Lucien Jean-Baptiste pour la série documentaire « Pourquoi nous détestent-ils ? », diffusée sur Planète+ en octobre 2016.

(2) André Laganey, que nous avons interrogé sur la pertinence scientifique des tests d’intelligence, estime que les critères employés pour évaluer le QI sont biaisés. « La notion d’intelligence recouvre tant de domaines aussi variés qu’indéfinissables que la diversité des aptitudes ne peut s’interpréter en termes d’inégalité que dans un type strictement défini de performances […] Dès lors, que signifie la différence de QI ? Uniquement que, pour un ensemble arbitraire de performances défini dans un cadre socioculturel donné, tel individu est plus efficace que tel autre. Ce qui peut être utile pour sélectionner des programmeurs ou des chefs d’entreprise, mais certainement pas pour constituer une mesure absolue d’un facteur général d’intelligence [...] » expliquait-il déjà en 1978 dans un article pour Le Monde. Il a ainsi été démontré que les résultats pouvaient varier en fonction de la personne chargée de faire passer les tests.

(3) Régime pénal administratif spécial, réservé à une partie des sujets indigènes des territoires coloniaux français au XIXe et XXe siècles, le code de l’indigénat distinguait les « indigènes citoyens français », les « indigènes sujets français » qui avaient la nationalité française mais ne bénéficiaient pas de la citoyenneté, et les « indigènes protégés français » et « indigènes administrés français » qui n’avaient ni la nationalité française, ni la qualité de citoyens français.

(4) Apparue en 1895, alors que les grandes puissances européennes parachèvent leur expansion coloniale, l’expression « péril jaune » renvoie aux discours anxiogènes et xénophobes véhiculant l’idée que l’accroissement démographique des populations asiatiques pourrait à terme menacer la suprématie de l’Occident. Une psychose incarnée par le personnage de Fu Manchu, génie du mal créé par le romancier britannique Sax Rohmer, qui popularisera le stéréotype du Chinois fourbe et cruel dans l’imaginaire occidental.

(5) À sa décharge, le terme de « Grand remplacement » pour parler de la disparition de l’Homme de Néandertal avait déjà été employé par le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin lors d’une leçon au Collège de France en janvier 2022. André Langaney juge l’usage de cette expression inappropriée, d’autant plus que cette question continue de faire débat chez les spécialistes. Il fait aussi remarquer qu’en l’état actuel des connaissances, rien ne permet d’affirmer que cette disparition soit due à des actes de violence.

(6) Voir à ce sujet l’épisode de notre émission Rhinocéros, « Transphobie : La nouvelle panique des médias et de l’extrême droite », consacré au battage médiatique dont a bénéficié le livre.

(7) Voir à ce sujet l’épisode de notre émission Jusqu’ici tout va mal, « Nouvelle France, vieux racismes » ainsi que notre entretien avec le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Margaux Simon